De février 2025 à juillet 2026, l’organisation IFAPPDE a apporté un soutien psychosocial significatif à 1 200 enfants affectés par la crise humanitaire liée à l’occupation de la ville de Goma, au Nord-Kivu, par l’AFC/M23. Ces enfants, profondément marqués par les violences et les déplacements forcés, ont bénéficié d’un accompagnement à travers des séances de détraumatisation, des jeux créatifs, ainsi que des moments d’écoute active animés par des agents psychosociaux formés.
Ces activités ont permis aux enfants d’exprimer leurs émotions, de partager leurs expériences douloureuses et de retrouver progressivement un sentiment de sécurité et d’espoir. Les espaces d’échange et de jeux ont également favorisé la reconstruction de la confiance en soi et la reprise d’une vie sociale plus apaisée.
Parmi ces enfants figure un élève du complexe scolaire MUUNGANO, qui a vécu un drame tragique lorsque sa mère et trois de ses frères ont été tués par l’explosion d’une bombe. À travers son témoignage, il explique que les séances de détraumatisation organisées par les agents psychosociaux de l’IFAPPDE lui ont permis de parler de sa douleur, de se sentir écouté et de trouver un certain soulagement malgré la perte immense qu’il a subie
« Je m’appelle Erythier, élève au complexe scolaire MUUNGANO, j’ai 12ans. Lors d’un bombardement, j’ai perdu ma mère et trois de mes frères. Après ce drame, je me sentais très abattu, seul et sans espoir. Grâce aux séances de soutien psychosocial organisées par les agents de l’IFAPPDE, j’ai pu parler de ma douleur et être écouté. Les jeux et les échanges m’ont aidé à me calmer et à retrouver un peu d’espoir pour continuer ma vie.

Les enfants pairs éducateurs sortis des groupes armés, bénéficiaires de l’organisation IFAPPDE, mènent des actions de sensibilisation au sein de leurs communautés afin de promouvoir la paix, la cohésion sociale et la cohabitation pacifique en milieu scolaire dans la sous-division Kalehe 2 à Bunyakiri.
À travers des séances de sensibilisation en cascade organisées dans plusieurs écoles, ces enfants partagent leurs expériences et transmettent des messages de paix, de tolérance et de non-violence auprès de leurs camarades et des membres de la communauté éducative. Ces activités contribuent progressivement à changer la perception de la communauté envers les enfants et les femmes sortis des groupes armés.
En effet, après leur sortie des groupes armés, ces enfants étaient souvent considérés avec méfiance et parfois assimilés à des bandits en raison de leur passé. Cependant, grâce aux efforts de sensibilisation et à leur engagement actif dans la promotion de la paix, ils commencent à regagner la confiance de la population.
Aujourd’hui, ces initiatives ont favorisé une meilleure acceptation sociale des femmes et des enfants démobilisés, aussi bien dans leurs communautés que dans les écoles. Elles contribuent ainsi à renforcer la réintégration sociale et à instaurer un climat de paix et de vivre-ensemble dans la sous-division de Kalehe 2 à Bunyakiri.

Au total, 2893 enfants, dont 1431 filles, ont renforcé leurs connaissances sur les mécanismes de protection en situation de conflit armé, notamment sur les risques liés aux engins explosifs.
Après l’occupation des villes de Bukavu au Sud-Kivu et Goma au Nord-Kivu par les parties prenantes aux conflits armés en février 2025, plusieurs engins explosifs ont été aperçus dans différents espaces publics, notamment aux abords des écoles, sur les routes, dans les marchés et dans certaines agglomérations. Cette situation a exposé des milliers d’enfants à de graves risques de protection. Dans la province du Sud-Kivu, environ 16 décès d’enfants liés à l’explosion d’engins abandonnés ont été enregistrés.
Face à ce contexte préoccupant, IFAPPDE a mis en œuvre un projet d’urgence visant à renforcer les mécanismes communautaires de protection. Ce projet s’est concentré sur la sensibilisation des enfants et des communautés aux dangers des engins explosifs ainsi qu’à la promotion des droits de l’enfant en période de conflit armé.
Les résultats obtenus ont contribué à renforcer la protection de milliers d’enfants et à encourager la communauté à signaler et lancer des alertes en cas de découverte d’un engin explosif dans leur environnement.



